Katanga : appel à stopper l’activisme des groupes Maï-Maï de Gédéon et de Tanda Imena

Le grand chef coutumier Msiri de Bayeke, une des plus importantes communautés du Nord de la province du Katanga, a invité dimanche les autorités tant nationales que provinciales à stopper avec la dernière énergie  l’activisme des groupes armés Maï-Maï de Gédeon Kyungu et les Bakata Katanga (partisans de l’indépendance de la province) du chef Tanda Imena, qui  sont à la base d’une insécurité grandissante dans le nord de la province.
Selon le grand chef Msiri, les multiples incursions de ces groupes dans differentes localités du nord de la province font de plus en plus de victimes parmi les populations, en plus d’incorporation par force des jeunes.

A preuve, six personnes ont été tuées jeudi dernier dans le groupement Tondo, entre Bunkeya et Mitwaba, après l’attaque d’un de ces groupes Maï-Maï, a révélé  le grand chef Msiri.

On rappelle que le groupe Maï- Maï du milicien Kyungu Mutanga Gédeon a semé la terreur dans les territoires de Mitwaba, Pweto et Manono entre 2004 et 2006, avant l’arrestation de leur chef Gédeon Kyungu.

Après son évasion de la prison de Kasapa à Lubumbashi, en septembre 2011, Gédeon Kyungu s’est réinstallé dans le territoire de Mitwaba où il s’est réorganisé.

Le second groupe dit « Bakata Katanga » (« Qu’on coupe le Katanga »), de ceux qui réclament l’indépendance du Katanga et sa scission de la RDC, ést dirigé par  un certain Tanda Imena, son chef.

Ce denier vit à cheval entre le Katanga et la Zambie, où il avait déjà été arrêté par les autorités en 2004, puis transféré à Kinshasa, avant d’être finalement relâché.

Ce groupe, qui semble le plus actif des deux, avait pour bastion le village de Mukanga à près de 30 km de Mitwaba centre.
On lui attribue notamment les deux dernières attaques contre l’aéroport de Lubumbashi l’année dernière.

Pour le grand chef Msiri de Bayeke, le gouvernement doit utiliser les options tant militaires que diplomatiques pour mettre fin à ces activismes armés.

«Il faut les stopper, il faut qu’ils sentent qu’il y a une force en face d’eux. Autrement, ils auront l’impression qu’ils peuvent tout faire. Il faut que le gouvernement intervienne dans les plus brefs délais»,  s’est exclamé le grand chef Msiri.

En dehors de l’utilisation de la force, Msiri estime aussi que le gouvernement devrait trouver des mécanismes pour dialoguer avec ces groupes afin de « récupérer ceux qu’on peut récupérer » pour le développement du pays.

Car selon lui, «Ce sont des jeunes gens désœuvrés, qui n’ont pas d’avenir puisque n’ayant pas de travail, qui ne voient pas où aller et qui se laissent enrôler dans ces histoires».

Le Potentiel

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