La RDC fonde le développement du secteur industriel sur 5 Zones économiques spéciales

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) entend développer d’ici à 2016 l’agro-industrie, la transformation des produits primaires et des industries structurantes dans 5 Zones économiques spéciales (ZES) à créer à l’Ouest, au Centre, au Sud, à l’Est et au Nord-est du pays.

« L’avantage de créer ces ZES se justifie par trois facteurs : la nécessité de rééquilibrer le développement du pays, l’attrait facile des capitaux et des technologies avancées du fait des avantages y associés (mini climat propice aux affaires), et l’intégration de l’économie congolaise dans la dynamique régionale et internationale des échanges », a appris vendredi 25 janvier à Kinshasa lepotentielonline.com d’une source gouvernementale.

A l’Ouest (Kinshasa-Inga-Matadi-Banana), la ZES va contribuer au développement des activités stratégiques concentrées sur l’hydroélectricité, le pétrole, la bauxite et les industries manufacturières autour des ports maritimes de Matadi, Boma et Banana.

Au Centre (Ilebo-Tshikapa-Kananga-Mbuji-Mayi), la ZES portera sur la logistique de transport et des industries agro alimentaires au Kasaï Occidental et au Kasaï Oriental. Au Sud (Kolwezi-Likasi-Lubumbashi-Sakania), la ZES devra booster les industries lourdes et manufacturières axées sur les minerais (cuivre, cobalt et autres) au Katanga.

Dans l’Est de la RDC (Uvira-Bukavu-Goma-Beni-Bunia), seront installées les industries manufacturières et agro-alimentaires au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. La Zone économique spéciale du Nord-Ouest (Kisangani-Bumba-Mbandaka) servira à développer les industries du bois et de l’agriculture en Province Orientale et à l’Equateur.

Agro-industrie

La RDC, dont l’agro-industrie est opérationnelle au Nord-Kivu, se bute à la modicité (2 ,7%) de la part du budget qu’elle alloue à l’Agriculture, alors que la Déclaration de Maputo (Mozambique)  recommande aux Etats africains d’atteindre 10 %. Pour la campagne agricole 2012-2013, le gouvernement congolais a mis à disposition 23 millions USD afin que le pays retrouve rapidement sa place d’exportateur des produits agricoles.

«  On ne peut vouloir  une chose et son contraire, c’est-à-dire chercher à développer l’agriculture et ne pas la financer, puisque la campagne agricole est une manifestation de la volonté politique du gouvernement de positionner l’agriculture comme un des secteurs clés pour la lutte contre la pauvreté et de garantir la croissance en RDC », déplore-t-on dans ce secteur.

L’objectif visé étant d’« augmenter l’autosuffisance alimentaire et de faire de la RDC un pays exportateur des produits agricoles », la campagne agricole couvre toutes les provinces et concerne toutes les composantes agricoles : production vivrière et halieutique, santé animale, réhabilitation et entretien des routes de desserte agricole, hydraulique rurale pour la fourniture de l’eau potable en milieux ruraux et périurbains.

Environ 700 km de routes de desserte agricole seront réhabilitées afin que toutes les composantes agricoles soient reliées les unes aux autres et participent au même objectif de « rassurer le peuple congolais sur la volonté politique du gouvernement d’améliorer son vécu quotidien en choisissant le secteur agricole comme point de départ ».

Au Nord-Kivu, l’agro-industrie Brasimba/Beni produit déjà les bières Simba et Skol ainsi que les limonades Djino et Coca. Au stade actuel, elle consomme 60 tonnes de riz/mois pour un investissement de 125 millions USD. L’agro-industrie TAMU à Kihemba/Mulo en territoire de Lubero, qui a bénéficié de l’appui du Fonds de promotion industrielle (FPI)/TAMU,  produit déjà de l’eau minérale, mettant ainsi fin à l’importation de l’eau minérale Rwenzori de l’Ouganda. En 2ème phase, elle produira du jus de fruits, tout le matériel étant déjà sur place.

La minoterie de Déo-Palas à Mulo, pour la mouture des graines (blé, maïs, …), produit de la farine ordinaire de blé. La phase de production de la farine de froment est encore à l’essai. Deux savonneries modernes sont installées à Butembo, une forte industrie caféière est installée à Beni et Butembo.

Industries structurantes

Le gouvernement veut également développer et renforcer les industries structurantes « existantes et à créer », en mettant un accent particulier sur « les industries structurantes qui soutiennent en amont le processus de reconstruction » Ce programme concerne les industries de ciment, « en vue d’accroître l’offre de ciment pour la reconstruction et le développement des infrastructures », du bois « pour accroître la valeur ajoutée du bois actuellement exportés et contribués à satisfaire la demande locale », du cuivre « afin de produire les câbles électriques et le matériel de construction ».

Il prend aussi en compte les industries de l’acier « dans le but de promouvoir la production de l’acier et des matériaux mécaniques », de sable siliceux « pour produire des verres plats, panneaux solaires, des composants et appareils électriques », de construction des routes et des ouvrages « afin de promouvoir la production des matériaux de construction et la construction des routes, ponts, chaussés, barrages et autres » ainsi que celle de construction ferroviaire, dans le but de promouvoir la construction des voies et véhicules ferroviaires

par Angelo Mobateli

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